Impliquer le secteur privé dans les contextes humanitaires : enseignements tirés du Forum sur la coopération internationale 2026
À l’heure où les besoins humanitaires mondiaux continuent de dépasser les fonds disponibles, la section Économie et éducation (E+E) de la Direction du développement et de la coopération (DDC) a organisé une session particulièrement opportune sur le thème « Mobiliser le secteur privé dans les contextes humanitaires » lors du Forum de la coopération internationale 2026, accueilli et organisé par la DDC, sous le thème général : « Aide humanitaire : prête pour demain ? »
Le panel réunissait des experts issus de divers horizons :
- Josie Lianna Kaye, directrice générale et fondatrice de Trust Works
- Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente senior de la Banque africaine de développement
- Laurent Matile, expert en commerce et développement, Alliance Sud
- Patrick Elmer, PDG d'iGravity
- Pietro Lazzeri, ambassadeur et chef de la Division de la coopération économique et du développement, SECO
Ensemble, ils ont abordé des questions cruciales :
- Quels résultats concrets l'engagement du secteur privé peut-il apporter dans les crises humanitaires ?
- Et comment pouvons-nous garantir le respect des principes humanitaires dans le cadre de ces partenariats ?
La discussion a mis en évidence une réalité fondamentale : l'aide publique et les dons internationaux ne suffisent plus à eux seuls. Le secteur privé a un rôle de plus en plus important à jouer, non seulement dans la réponse aux crises, mais aussi dans la prévention et le renforcement de la résilience. Lorsqu'il s'inscrit dans le respect des principes humanitaires et des normes internationales, l'engagement du secteur privé peut renforcer le système humanitaire en permettant des interventions plus rapides, en soutenant les marchés locaux, en améliorant l'accès aux services essentiels et en contribuant à rendre les sociétés plus résilientes.
Dans le même temps, les intervenants ont souligné que cet engagement devait être responsable et fondé sur des principes. Il nécessite une diligence raisonnable rigoureuse et un engagement clair en faveur des normes internationales. Dans les contextes fragiles et touchés par des conflits, l’objectif doit aller au-delà du simple principe de « do no harm» pour s’attacher activement à comprendre et à traiter la manière dont les activités commerciales interagissent avec la dynamique des conflits. Il est essentiel de noter que l’implication du secteur privé ne vise pas à se substituer à la responsabilité de l’État, mais à sauver des vies et à réduire les souffrances.
La session a également examiné comment des approches de financement innovantes, notamment le financement mixte, les mécanismes de partage des risques et le financement lié à l'impact, peuvent contribuer à mobiliser des ressources privées. En réduisant les risques liés aux investissements, les financements publics peuvent favoriser une plus grande participation du secteur privé, à condition que l'additionnalité et l'impact mesurable sur le développement restent au cœur de ces initiatives.
Cette session s'inscrivait dans le cadre d'un événement de haut niveau inauguré par le conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), et comprenait un discours liminaire de Tom Fletcher, sous-secrétaire général aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence à l'OCHA.
Alors que les défis humanitaires gagnent en ampleur et en complexité, la discussion a clairement montré qu'il sera essentiel de nouer des partenariats efficaces et fondés sur des principes avec le secteur privé pour garantir que l'aide humanitaire soit véritablement prête pour l'avenir.


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