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SpeechPublished on 2 January 2026

Incendie de Crans-Montana le 1er janvier 2026

Sion, 01.01.2026 — Allocution de M. le Président de la Confédération Guy Parmelin

Monsieur le Président du Conseil d’Etat,

Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement valaisan,

Madame la Vice-présidente de commune,

Mesdames et Messieurs les représentants du Ministère public et des services de sécurité et de secours,

Mesdames et Messieurs,

Les circonstances qui nous réunissent en ce premier jour de l’an dans la capitale valaisanne sont dramatiques. L’incendie qui s’est produit la nuit dernière dans un bar de Crans-Montana constitue l’une des pires tragédies que notre pays ait connues.

C’est avec une grande émotion que le Conseil fédéral a pris connaissance de cet événement, et c’est en son nom que je m’exprime devant vous aujourd’hui.

Les faits qui se sont produits cette nuit dans cet établissement public constituent un drame d’une ampleur inédite, effroyable. De nombreuses vies, jeunes pour la plupart, ont été perdues. Une centaine de personnes ont été blessées, souvent grièvement. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des prénoms, des familles, des destins brutalement interrompus ou à jamais bouleversés.

Par ma voix, le gouvernement suisse souhaite d’abord adresser ses plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes, même si aucun mot ne peut combler le vide laissé par une perte aussi soudaine et aussi brutale.

Face à l’impensable, le Conseil fédéral sait qu’il peut compter sur les autorités de proximité et sur l’ensemble des intervenants pour que la prise en charge et l’identification des victimes ainsi que la conduite de l’enquête pénale soient assurées avec tout le professionnalisme, toute la rigueur et toute la diligence requis. Nous le devons à nos compatriotes comme aux personnes qui étaient venues depuis l’étranger passer leurs vacances de Noël sur le Haut-Plateau.

La Confédération salue la solidarité intercantonale qui s’est organisée dans l’urgence et elle remercie l’ensemble des compétences cantonales qui se sont aussitôt mobilisées à la demande du gouvernement valaisan. La Confédération se tient elle aussi évidemment à disposition ; le Département fédéral des affaires étrangères est ainsi déjà à pied d’œuvre pour établir une communication aussi efficace et fluide que possible avec les familles de victimes établies à l’étranger. Je peux assurer les pays concernés que la Suisse est totalement engagée dans l’accomplissement des tâches qui lui incombent à cet égard et qu’elle prendra toutes ses responsabilités en la matière.

Il ne m’appartient pas d’entrer dans le détail des faits. Je souhaite cependant assurer les victimes et leurs proches que la population suisse est tout entière à leurs côtés. Le pays partage leur peine, avec respect et recueillement.

Ce drame s’est produit dans un lieu qui, par nature, est associé à la vie et à la joie partagée, et cela dans une commune vouée depuis très longtemps à l’accueil et à la détente. Quel épouvantable contraste ! Quelle cruelle ironie !

Il était prévu que moi aussi je délivre un autre message aujourd’hui à la population suisse. Un message serein et apaisé. Compte tenu des circonstances, mes vœux du Nouvel An doivent évidemment s’effacer devant le deuil public et l’hommage du pays. L’espoir cependant doit prévaloir. Toujours.

C’est celui que nous devons exprimer au chevet de toutes les personnes blessées, hospitalisées et traumatisées. Certaines luttent encore pour leur vie. Je veux leur dire, avec force et clarté : vous n’êtes pas seules. Tous les moyens sanitaires sont engagés pour vous soigner, vous soutenir et vous accompagner.

Je tiens ici à saluer l’action remarquable des services de secours, des pompiers, du personnel sanitaire et bien sûr des forces de police. Beaucoup d’entre eux ont été confrontés à des scènes d’une violence et d’une détresse indescriptibles. Leur courage, leur sang-froid et leur dévouement méritent toute notre reconnaissance.

Les autorités d’enquête sont chargées de mener les investigations destinées à établir les circonstances exactes de ce drame. J’ai toute confiance dans leur expertise pour que la vérité se fasse jour sans flottement. Nous le devons aux victimes, à leurs familles, et à l’ensemble de nos concitoyens que ce drame bouleverse.

Ce jeudi doit être le temps de la prière, de l’unité et de la dignité. La Suisse est un pays fort, non pas parce qu’il serait à l’abri des drames, mais parce qu’il sait y faire face avec courage et esprit d’entraide. Le cas de Crans-Montana, aussi douloureux soit-il, ne fait pas exception à la règle.

Je souhaite encore m’adresser aux jeunes de notre pays, car beaucoup des victimes l’étaient elles-mêmes, pleines de projets, d’espoirs et de rêves. Leur vie ne doit pas être résumée à la manière dont elle s’est achevée. Elle doit être honorée pour ce qu’elle a été : une promesse, une énergie, une part de notre avenir commun.

Nous leur devons le respect, la mémoire, et l’engagement de tout mettre en œuvre pour que de telles tragédies ne se reproduisent pas. La mise en berne des drapeaux du Palais fédéral ce jour est l’expression symbolique de cet engagement.

Je veux enfin rappeler un dernier point : un drame d’une telle ampleur ne doit pas ébranler les valeurs qui définissent notre société. C’est au contraire en leur restant fidèles que nous rendrons le plus bel hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie.

Aujourd’hui, la Suisse est triste. Mais aujourd’hui aussi, la Suisse est unie de cœur. Unie dans la douleur, unie dans le soutien, unie dans la détermination à comprendre et à protéger.

À toutes les familles endeuillées, à toutes les victimes, je le redis avec gravité et sincérité : votre peine est la nôtre.

Je vous remercie de votre attention.

01.01.26 PCGP Crans-Montana

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